La vengeance est l’un des thèmes les plus anciens et les plus puissants de l’humanité.
Depuis les mythes antiques comme la vengeance d’Achille dans l’Iliade ou les tragédies
shakespeariennes telles que Hamlet, elle fascine par sa capacité à explorer les recoins
les plus sombres de l’âme humaine.
Dans la culture populaire moderne, peu d’œuvres incarnent ce thème avec autant de virulence et
de style que Kill Bill, le diptyque cinématographique de Quentin Tarantino sorti en 2003 et 2004.
Beatrix (Uma Thurman)est une héroïne tragique : sa rage est justifiée par la trahison et la violence subies,
et le public ne peut s’empêcher de la soutenir dans sa quête.
Pourtant, Quentin Tarantino n’idéalise pas ce cycle : Beatrix perd une partie d’elle-même à
chaque meurtre, jusqu’à la révélation finale !
Au-delà de l’exemple cinématographique, la vengeance dans Kill Bill reflète des réalités
sociétales.
Elle critique les codes de l’honneur dans les mondes criminels et explore le genre féminin
sous un angle de responsabilisation, où une femme brisée devient une force invincible. Cependant,
elle met en garde contre les dangers d’une justice vigilante, qui peut perpétuer la violence
plutôt que de la résoudre.
En conclusion, la vengeance reste un moteur narratif intemporel, capable de captiver
et de perturber.
À travers Kill Bill, Tarantino nous offre une version stylisée et sanglante de ce thème
, où la beauté et la brutalité se côtoient.
Peut-être est-il temps de briser le cycle, avant que le sang ne coule à nouveau…
Paris Novembre 2025